comment mediter?

La conscience pendant zazen dépasse la conscience.

Au delà de tout attachement, de tout préjugé et de tout jugement, en zazen apparaît ‘Hishiryo’, la conscience au delà de la conscience ; la conscience avant la conscience : la conscience originelle.
Soudain tout ce qui apparaît à l’esprit disparaît aussitôt sans laisser de traces. Comme les bulles se formant à la surface de l’onde de l’océan.
Cette conscience est ‘mushotoku’, c’est-à-dire dépourvue de but, qu’il soit matériel ou spirituel.
« Quand l’esprit ne demeure sur rien, le véritable esprit apparaît. » dit le Sutra du Diamant.

Hishiryo est la porte de l’accès direct à la libération de nos illusions et à la fusion paisible et sereine avec l’univers tout entier. Cette conscience qui perçoit tout apparaître et disparaître aussitôt, impermanent, réalise et nous éveille de l’illusion d’être ce que nous pensons ou ce que nous ressentons ou ce que nous vivons comme expériences, ainsi que de l’illusion d’être coupés et séparés du reste du monde, voire indépendants et immuables.
C’est la conscience d’immensité, d’infini, de grandeur qui nous traverse et nous entoure. Impossible à dire. Inconcevable. Pourtant elle est la clé de notre libération.

 

Sanshin.
Les trois attitudes fondamentales de l’esprit.

En japonais on peut traduire littéralement ‘sanshin’ par san- trois et shin- cœur/esprit.
Maître Dôgen, enseignait cette triple attitude de l’esprit à cultiver et manifester en zazen et de zazen en toute notre vie : l’esprit bienveillant (daishin), l’esprit aimant (roshin) et l’esprit bienheureux (kishin).

Daishin, l’esprit de bienveillance.
L’attitude de l’océan ou de la montagne : calme et constante, capable de tout recevoir, de nourrir les êtres innombrables et accueillir les situations et toutes les expériences, sans distinction ni discriminations. Revenir à la quiétude de l’océan qui accepte sans résistance l’eau de tous les fleuves.

Roshin, l’esprit aimant.
On traduit également littéralement ‘roshin’ par ‘esprit des anciens’, semblable à l’attitude aimante des parents qui transmettent, protègent et prennent soin de tous leurs enfants et plus particulièrement des plus petits et des plus fragiles. C’est un esprit de maturité. L’esprit du bodhisattva, l’être d’éveil, fait de mansuétude et de dévouement envers les autres et envers soi même.

Kishin, l’esprit bienheureux.
C’est l’esprit de liesse, de joie pure et profonde qui surgit et monte du creux de la nature véritable éveillée quelle que soit la situation et l’être en face de nous. C’est le jaillissement d’une équanimité d’âme du cœur envers le monde. Cet esprit naît directement de zazen, et prend consistance dans la compréhension de la non-séparation et de la communion profonde avec tous les êtres.

 

Enracinées en zazen, ces trois attitudes de l’esprit engendrer l’harmonie.

Assieds-toi.

A présent laissez tous ces mots s’en aller.

Asseyez vous, silencieux, dans la bonne posture, baissez la lumière, coupez toute distraction.


Sans rien attendre.Entrez dans le champ du monde et prenez place à la table de l’éveil. Devenez cette montagne enracinée et ouverte à tout.

Sans rien rejeter ni préférer.

Revenez à votre nature véritable.

La nature de bouddha.



 

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