4-0

 "On ne diminue pas la flamme d'une bougie en la propageant à d'autre bougies,

On ne diminue pas le bonheur en le propageant"

Bouddha 

 

Enseigner c’est transmettre. Mais enseigner c’est aussi continuer à s’élever et à apprendre, à s’approfondir et toucher du doigt du cœur la Sagesse.
Le Maître n’est pas celui qui détient un savoir, mais l’humble serviteur d’un savoir qui est sans cesse renouvelé et qui pour apparaître doit se nourrir d’une rencontre.
Ainsi c’est en enseignant qu’un maître zen apprends. Et c’est en apprenant qu’un disciple enseigne. Merveilleux échange.

L’enseignement au dojo zen de La Montagne Sans Sommet est donné sous différentes formes.

Le Kusen

Le Dokusan

Zanshin

Le Teisho

Le Mondo

Le Kusen


Il s’agit de l’enseignement oral dispensé par le maître ou par un moine ou une none anciens pendant l’assise méditative, zazen.
Le kusen fait partie de la tradition de l’école zen Soto depuis l’époque Edo au XVIIe siècle.
En France le moine Taisen Deshimaru a installé cette pratique qui est aujourd’hui utilisée quasi systématiquement dans les dojos zen. Mais au Japon elle est aujourd’hui quasi inexistante.
Il est fort probable en revanche que depuis toujours les moines et les maîtres zen aient pris la parole pendant zazen pour aider et soutenir la pratique de la méditation assise.
Le kusen n’est pas une conférence, un discours de sapience, ou encore une exégèse théologique qui meublerait le silence de zazen. Le silence de zazen est déjà comblé de la présence du Tout unifié.
Le kusen est un dialogue intime, au cœur de la merveilleuse pratique de shikantaza (juste s’asseoir) où le maître zen s’adresse de cœur à cœur directement aux disciples et pratiquants par un discours net, concis, tranchant en résonance avec le présent.
C’est une lame tranchante et une fleur parfumée. C’est la main tendue, la présence bienveillante, la veille de l’ami de bien qui soutient zazen, qui n’est que la réalisation de la présence sans but, généreuse, libre et libérée, aimante, réalisée.
Dans les dojos de La montagne Sans Sommet, le kusen est employé surtout lorsqu’il y a une présence importante de débutants pendant zazen; autrement zazen suffit à zazen, l’assise zen est le cri assourdissant du silence qui révèle la présence, et ceci est l’expérience la plus bouleversante qui soit, ce grand shikantaza, la réalité juste ainsi.
Les Kusens sont disponibles dans la rubrique “Kusen”, par classement chronologique et par titre.


Le Dokusan


Le dokusan est l’entretien individuel entre maître et disciple.
Cet entretien est privé et a lieu pendant zazen. Au son de la clochette celle ou celui qui souhaite aller en entretien individuel rejoint le maître dans la salle de dokusan en dehors du dojo.
C’est le moment privilégié de demander conseil, d’échanger sur la vie, sur sa pratique dans le secret de l’aaccompagnement spirituel.
Les entretiens de dokusan ont lieu pendant le zazen du premier dimanche du mois.

 

Zanshin – L’esprit du geste


Depuis toujours le bouddhisme zen a cultivé une véritable philocalie, l’amour de ce qui est beau comme l’image de ce qui est bon. Se sont développés ainsi les arts du zen. Corps et esprit ne sont qu’unité et harmonie, il est donc nécessaire que nous laissions notre pratique absorber le corps et l’esprit unifiés également dans leurs dimensions créatives et émotionnelles. La pratique des arts du zen est l’apprentissage de cette infinie créativité innée et profonde qui nous habite et qui seule est capable d’exprimer l’indicible, l’inconcevable. Il s’agit de faire confiance à ce que nous sommes au plus vrai de nous mêmes et laisser jaillir tous nos paysages intérieurs pour accueillir dans notre existence la sérénité, l’enthousiasme, la générosité et une grande liberté de l’esprit. Zanshin est une pratique qui développe la paix de l’esprit et une grande sensibilité, une profonde confiance.
Composer des haïkus (poèmes du réel), calligraphier, composer un ikébana, appréhender le Mu-do (le yoga pratiqué dans les monastère zen coréens), célébrer la cérémonie du thé, et bien d’autres arts sont pratiqués lors des soirées de zanshin dans les dojos de La Montagne Sans Sommet.
Les soirées de zanshin sont annoncées par la news-letter et ont lieu habituellement le deuxième dimanche du mois.

 

Le Teisho


Le teisho est une causerie, ou un enseignement.
Un moine ou une none, ou le maître même dispensent un enseignement sur un texte ou sur un sujet.
C’est le moment d’approfondir le savoir et de cultiver la connaissance dans le seul désir d’élargir notre sagesse commune.
Nous organisons un cycle de teisho mensuel.
Le troisème dimanche du mois après la première assise de zazen.

 

Le Mondo


Depuis que le zen est transmis, il est transmis entre autre par la forme du mondo, c’est à dire le combat de dharma (enseignement universel) entre maître et disciple, ou plus largement entre moines. Le plus fameux mondo est le dialogue entre Bodhidharma, grand réformateur et missionnaire du bouddhisme zen, et l’empereur Wu.
Malheureusement nombreux sont aujourd’hui les maîtres zen qui ont réduit le mondo à une simple série de questions/réponses dans le dojo où les disciples et les pratiquants viendraient questionner le maître tel un sage qui détient la vérité.
Mais le mondo est loin de se résumer à cela.
Il s’agit d’un moment extrêmement fort, profond intime et qui n’a rien à voir avec des questions/réponses purement intellectuelles. Le langage souvent employé est celui de forme d’apories, ou de kôans. La plus belle des réponses est souvent une grande question qui résonne....
Nul ne peut détenir la vérité. Mais le pur parfum de la réalité de l’existence de l’instant présent se manifeste lorsque deux esprits se rencontrent en transparence et en authenticité.
Aussi, le mondo est ce moment où au cœur du dojo, n’importe qui peut venir questionner le maître sur tous les sujets de la pratique ou de la vie en général; s’entame ainsi un combat de cœur à cœur où les deux esprit sont nus l’un en face de l’autre et dans une totale sincérité ils s’évertuent par l’abandon de la saisie de l’intellect à laisser se manifester la compréhension profonde, l’éveil, dans un échange qui souvent échappe au conventions du discours intellectuel où souvent la question est avide et la réponse prétentieuse.
Dans le mondo celui qui questionne n’est pas inférieur à celui qui répond, et lorsque les deux se questionnent avec l’amour profond de la vérité contenue en toute chose et en toute expérience, il manifestent alors l’éveil universel.
Soudain celui qui questionne incarne la confiance, et celui qui réponds incarne la gratitude; de l’une et de l’autre se développent, au sein de la communauté, des éclats de sagesse, des effluves d’éveil qui élèvent le coeur.
Ce qui pourrait à juste titre paraître un combat philosophique intense, est en réalité une pratique profonde de l’esprit qui manifeste la Grande Sagesse Universelle. C’est une expérience formidable et marquante pour celle ou celui qui la vit régulièrement dans sa pratique.
Le mondo est une expérience directe de la compréhension intime de notre nature profonde, humblement pratiqué publiquement; et c’est là que s’accomplit ce fameux “en haut d’un mât de 1000 pieds, faire un pas de plus”.

Dans les dojos de La Montagne Sans Sommet le mondo est pratiqué de deux façons formelles:

Le mondo mensuel:

à la fin du zazen une fois par mois tout le monde peut venir se présenter devant l’enseignant pour poser une question publique. S’installe alors un bref dialogue de cœur à cœur entre maître et disciple ou pratiquant, dialogue qui tout en grandissant la compréhension des deux acteurs principaux, approfondit l’assemblée réunie.

 

Le mondo cérémonial:

au cœur de chaque cérémonie (précèptes des laïques, ordinations monastiques, élévation des moines et nones anciens, cérémonie de la naissance, de la mort ou du mariage, grandes cérémonies du calendrier bouddhique etc...) chaque fois que la communauté célèbre un moment fort nous mettons au cœur de la cérémonie ce moment précieux de manifestation de l’éveil, de questionnement sincère et profond, pour donner du sens à nos rites et célébrations par l’actualisation des grands kôans de l’existence.

Le mondo mensuel a lieu habituellement le dernier dimanche du mois après la première assise de zazen.